La valorisation d'un artiste contemporain repose sur une dizaine de critères mesurables que la plupart des collectionneurs ignorent. Entre le galeriste qui affirme que "son artiste est la prochaine grande révélation" et l'acheteur qui souhaite prendre des décisions éclairées, l'asymétrie d'information est considérable. Évaluer la cote d'un artiste contemporain nécessite une méthodologie rigoureuse qui combine données quantitatives du marché et analyse qualitative de la trajectoire artistique.
Chez Cabinet Sévigné, nous analysons quotidiennement les trajectoires d'artistes pour nos clients, galeries, collectionneurs et institutionnels. Notre approche quantitative du marché de l'art s'appuie sur plusieurs décennies de données d'enchères, d'expositions et de ventes privées. Cette méthodologie a été développée et affinée au fil de centaines d'analyses.
À la fin de cet article, vous comprendrez les principes fondamentaux d'évaluation d'un artiste, les signaux de marché à surveiller et les pièges fréquents qui minent les décisions d'acquisition. Pour une analyse complète et personnalisée, notre cabinet propose des études approfondies par artiste ou par segment de marché.
Évaluer un artiste contemporain revient à cartographier trois territoires distincts mais interdépendants : sa reconnaissance institutionnelle, son marché primaire et son marché secondaire. Chacun de ces piliers répond à des logiques différentes et nécessite des outils d'analyse spécifiques.
La reconnaissance institutionnelle constitue le fondement de toute cote durable. Elle se mesure par la présence de l'artiste dans les collections publiques, musées nationaux, fonds régionaux d'art contemporain, fondations d’entreprise, sa participation à des biennales internationales comme Venise, São Paulo ou la Documenta et les expositions monographiques dans des institutions reconnues.
Un artiste présent dans plusieurs collections publiques majeures bénéficie d'une légitimité structurelle que le marché peine à ignorer. Cette reconnaissance agit comme un plancher de prix : même en cas de correction du marché, les œuvres conservent généralement une valeur minimale garantie par leur statut historique.
Pourquoi cette reconnaissance compte-t-elle autant ? Parce que les institutions suivent des processus d'acquisition rigoureux impliquant conservateurs, comités scientifiques et validation par les pairs. Une acquisition par le Centre Pompidou ou le MoMA signale que l'artiste a passé des filtres de qualité extrêmement sélectifs. Ces décisions institutionnelles ne sont jamais prises à la légère.
Chez Cabinet Sévigné, nous avons développé un système de pondération qui attribue des scores différenciés selon le type d'institution, sa notoriété internationale, et la nature de la relation d’acquisition définitive versus simple exposition temporaire. Cette granularité permet d'éviter les raccourcis simplistes du type "l'artiste a exposé au MoMA donc il est établi", car exposer dans une collective de groupe n'a pas le même poids qu'une rétrospective monographique complète.
Le marché primaire désigne les ventes initiales des œuvres, généralement via les galeries qui représentent l'artiste. C'est sur ce marché que se construit la cote initiale et que se définit le positionnement prix de l'artiste.
La qualité de la galerie représentante constitue un indicateur majeur. Être représenté par Gagosian, David Zwirner, Perrotin ou Thaddaeus Ropac n'a manifestement pas la même signification qu'être exposé dans une galerie de quartier sans réseau international. Les galeries de premier rang maintiennent des rosters limités, rarement plus de cinquante à soixante-dix artistes, disposent de budgets promotionnels substantiels, et jouissent d'un accès direct aux collectionneurs institutionnels et aux conservateurs de musées.
Les prix de vente sur le marché primaire augmentent généralement de 20 à 30 % tous les 2 à 3 ans pour un artiste en croissance stable. Une augmentation brutale de 100 % en un an signale souvent une surchauffe spéculative plutôt qu'une reconnaissance organique.
L'analyse du marché primaire nécessite cependant d'aller bien au-delà de ces observations de surface. La vélocité des ventes, les œuvres se vendent-elles en 48 heures ou restent-elles 6 mois en galerie ? La typologie des acheteurs, collectionneurs institutionnels établis versus nouveaux entrants, et surtout la cohérence de la progression prix sur plusieurs années révèlent la solidité réelle du marché. Nos analyses intègrent ces variables dans des modèles prédictifs qui permettent d'anticiper les corrections potentielles.
Le marché secondaire, enchères publiques, reventes privées révèle la véritable liquidité d'un artiste. C'est le test de réalité : les acheteurs sont-ils prêts à payer davantage qu'au moment de l'acquisition initiale ?
Trois métriques de base sont observables. Le taux de vente : quel pourcentage des œuvres présentées en vente trouve effectivement acquéreur ? Un taux inférieur à soixante pour cent indique généralement un marché mou. Le ratio prix sur estimation : les œuvres atteignent-elles leur estimation basse, haute, ou la dépassent-elles systématiquement ? La liquidité : quel est le délai moyen entre deux ventes publiques de l'artiste ?
Un artiste dont les œuvres réapparaissent rapidement en vente moins de deux ans après acquisition subit généralement une décote significative. À l'inverse, une rareté sur le marché secondaire avec des œuvres conservées longtemps par les acheteurs indique une confiance dans la trajectoire future de valorisation.
Mais ces métriques publiques ne racontent qu'une partie de l'histoire. Le marché privé représente 60 à 70 % des transactions réelles (source : Art Basel & UBS Global Art Market Report 2024), et les dynamiques de prix y sont souvent différentes. Nos rapports sectoriels intègrent des données sur les ventes privées permettant une vision plus complète du marché.
L'industrie du marché de l'art utilise diverses méthodologies pour quantifier la "cote" d'un artiste. Certaines approches se limitent à compter les ventes aux enchères, d'autres se focalisent sur les prix records. Chez Cabinet Sévigné, nous avons développé une approche multiple qui intègre six dimensions pondérées de manière spécifique
Sans entrer dans les détails de notre méthodologie propriétaire réservée à nos rapports sectoriels et analyses sur mesure, voici les grandes catégories qui structurent toute évaluation sérieuse.
Toutes les institutions ne se valent pas. Un fonds régional d'art contemporain n'a pas le même poids qu'une acquisition par le MoMA. Une participation à une biennale en tant qu'invité n'équivaut pas à une représentation nationale. Notre système intègre ces nuances via un scoring différencié qui tient compte de la hiérarchie institutionnelle internationale.
La qualité de la galerie représentante, la vélocité des ventes, la progression prix, et surtout la capacité à maintenir une liste d'attente sont autant d'indicateurs. Mais comment les pondérer correctement ? Dans quelle mesure une galerie comme Perrotin peut-elle compenser un manque de reconnaissance institutionnelle précoce ? Ces arbitrages méthodologiques constituent le cœur de notre expertise analytique.
Au-delà des simples taux de vente, nous analysons la distribution statistique des prix, médiane, écart-type, la corrélation entre format et prix, et surtout les patterns temporels. L'artiste vend-il mieux en période de boom général ou maintient-il sa liquidité en période creuse ? Cette résilience cyclique est souvent le meilleur prédicteur de durabilité.
Le nombre brut d'expositions dit peu de choses. Une exposition solo dans une galerie réputée vaut-elle deux collectives dans des lieux secondaires ? Comment valoriser une rétrospective institutionnelle par rapport à une participation à une foire d'art contemporain ? Notre algorithme intègre ces pondérations complexes.
Là encore, tous les articles ne se valent pas. Un essai dans Artforum par un critique reconnu compte infiniment plus que dix mentions dans des blogs généralistes. Nous avons développé un système de scoring médiatique qui hiérarchise les sources selon leur impact historique démontré sur les carrières d'artistes.
C'est la variable la plus difficile à quantifier, et pourtant l'une des plus prédictives. Le réseau d'un artiste, autres artistes avec qui il expose, collectionneurs qui le suivent, conservateurs qui le défendent constitue un capital social invisible mais décisif.
Prenons le cas de Kim Whanki (1913-1974), figure majeure de l'abstraction coréenne dont les œuvres atteignent aujourd'hui 3 à 7 millions de dollars.
Sa reconnaissance institutionnelle est exceptionnelle : présence au British Museum, multiples rétrospectives posthumes dans des institutions majeures. Son marché secondaire affiche un taux de vente très bon et avec une médiane stable depuis 2015.
En appliquant notre méthodologie propriétaire dont les détails complets sont disponibles dans notre rapport sur le marché coréen, Kim Whanki obtient un coefficient dans la tranche supérieure, le classant parmi les valeurs sûres du marché asiatique. Ce score explique pourquoi ses œuvres résistent mieux aux corrections de marché que d'autres artistes coréens plus médiatisés mais moins solidement établis institutionnellement.
Mais comment arrive-t-on précisément à ce score ? Quelles pondérations appliquer à chaque variable ? Comment ajuster la méthodologie pour un artiste décédé versus vivant, pour un artiste occidental versus asiatique ? Ces questions constituent le cœur de notre expertise et font l'objet de nos analyses personnalisées pour les clients qui ont besoin d'évaluations précises.
Au-delà des chiffres, 5 indicateurs qualitatifs affinent considérablement toute évaluation sérieuse. Ces critères, difficiles à quantifier, sont pourtant décisifs dans la construction d'une cote durable.
Un artiste est jugé par la compagnie qu'il tient. Être le seul artiste prometteur d'une galerie sans historique n'a manifestement pas la même signification qu'être le plus jeune artiste d'un roster comportant trois artistes déjà présents au MoMA.
Pourquoi le roster compte-t-il autant ? Parce qu'il révèle le niveau d'exigence de la galerie et sa capacité démontrée à construire des carrières durables. Gagosian ne signe pas un artiste pour faire une exposition de saison, la galerie le signe parce qu'elle anticipe une trajectoire de vingt à trente ans minimum.
Il convient d'analyser le roster de la galerie représentante avec attention : combien d'artistes au total ? Plus de 100 suggère souvent une dilution, moins de 30 indique une concentration stratégique. Quelle est la cote moyenne des autres artistes ? Y a-t-il des artistes ayant traversé plusieurs générations ? La galerie a-t-elle une spécialité identifiable ou un positionnement vague ?
Un artiste émergent rejoignant Perrotin bénéficie immédiatement d'un transfert de légitimité. Le marché sait que Perrotin a identifié quelque chose de substantiel.
Attention cependant : cette analyse de roster nécessite une connaissance fine de l'écosystème galeriste international. Certaines galeries de second rang dans une région sont en réalité des acteurs majeurs dans leur niche spécifique. Nos audits galerie intègrent cette cartographie géographique et sectorielle nuancée.
Les artistes qui construisent une cote durable développent des séries cohérentes sur plusieurs années. Cette cohérence permet une identification visuelle immédiate, une profondeur conceptuelle qui intéresse les institutions, et une production suffisante pour alimenter le marché sans saturation.
Signal d'alerte : un artiste qui change radicalement de style tous les 18 mois cherche probablement la visibilité immédiate plutôt que de construire une œuvre pérenne. Le marché récompense la constance dans l'évolution, pas la discontinuité opportuniste.
Exemples historiques instructifs : Yves Klein et sa "Période Bleue" avec l'International Klein Blue qui a défini durablement sa cote. Gerhard Richter qui, malgré plusieurs techniques (abstraction, photoréalisme), a maintenu une cohérence conceptuelle sur 60 ans. Park Soo-keun dont les scènes de la vie coréenne en technique granitée sont immédiatement identifiables.
Mais comment mesurer objectivement cette "cohérence" ? Comment distinguer une évolution naturelle d'un changement de cap opportuniste ? Nos analyses incluent une étude chronologique détaillée de la production, identifiant les ruptures stylistiques et leur réception critique dans le temps.
Tous les articles ne se valent manifestement pas. Un article dans Artforum par un critique reconnu pèse infiniment plus lourd que cinquante mentions dans des blogs d'art généralistes.
Les médias qui comptent vraiment, par ordre décroissant d'impact sur les carrières : les revues académiques à comité de lecture comme October ou Art Journal ; les revues spécialisées internationales comme Artforum, Art in America, Frieze ; les suppléments culturels de journaux de référence comme le New York Times Arts ou Le Monde Culture ; les catalogues d'exposition avec essais critiques signés ; et les monographies publiées par des éditeurs d'art reconnus.
Ce qui ne compte pas vraiment : les interviews dans des magazines lifestyle, les articles sponsorisés déguisés en critique, la couverture dans des médias sans expertise artistique établie, et les posts Instagram de galeries, même avec beaucoup de likes.
Un artiste peut avoir 200 000 followers Instagram et une cote nulle en marché secondaire. À l'inverse, un artiste avec 5 articles dans October et 2 000 followers a probablement une trajectoire institutionnelle solide et durable.
Nous avons développé un indice de réception critique qui pondère automatiquement les sources selon leur historique d'influence sur les carrières. Cet indice fait partie de nos analyses personnalisées pour les clients nécessitant une évaluation approfondie.
Les artistes ne travaillent jamais en vase clos. Leur réseau professionnel constitue un capital social qui influence directement leur trajectoire de valorisation.
Indices d'un réseau solide et actif : collaborations avec des artistes établis dans des expositions collectives ou projets communs ; mentions dans des entretiens d'artistes plus côtés "je suis inspiré par le travail de X" ; invitations à des résidences prestigieuses ; présence dans des collections de collectionneurs connus pour leur rôle prescripteur dans le marché.
La cartographie de ces réseaux nécessite cependant des outils spécialisés, analyses de co-occurrences d'expositions, mapping des collectionneurs, tracking des mouvements institutionnels.
Distinguer une mode passagère d'une reconnaissance durable est l'exercice le plus difficile et le plus déterminant pour la qualité d'une collection.
Signaux de buzz spéculatif : croissance de prix supérieure à 100 % en moins de 18 mois ; couverture médiatique grand public soudaine dans Vogue, GQ ou équivalent ; achats massifs par de nouveaux collectionneurs sans historique dans l'art ; présence simultanée dans 10 galeries ou plus, ce qui dilue la représentation ; prix marché primaire égal au prix marché secondaire, ce qui élimine toute prime de rareté.
Signaux de construction durable : croissance de prix régulière de 20 à 30 % sur 7 à 10 ans ; acquisitions institutionnelles progressives à raison d'une à deux par an ; élargissement géographique contrôlé avec une nouvelle galerie tous les 2 à 3 ans ; listes d'attente pour les œuvres en marché primaire ; prix marché secondaire supérieur de cinquante à cent cinquante pour cent au prix marché primaire initial.
Le marché de l'art contemporain a connu plusieurs bulles documentées : l'art chinois contemporain entre 2005 et 2008 ou encore le boom des NFT en 2021. Dans chaque cas, les artistes construits sur du buzz médiatique se sont effondrés. Ceux construits sur des fondations institutionnelles ont connu des corrections de 20 à 30 % avant de retrouver progressivement leur trajectoire.
Notre méthodologie propriétaire intègre des indicateurs de surchauffe qui permettent d'anticiper ces corrections potentielles. Ces signaux font partie intégrante de nos rapports sectoriels et analyses personnalisées.
Même les collectionneurs expérimentés commettent des erreurs d'évaluation coûteuses. Voici les quatre pièges les plus fréquents que nous observons régulièrement dans notre pratique de conseil.
Le piège : Un artiste comptabilise cinq cent mille followers Instagram, des collaborations avec des marques de luxe, une forte présence dans les magazines lifestyle. Son travail est visuellement impactant et génère de l'engagement. Il doit nécessairement avoir une cote solide, non ?
La réalité : La visibilité sur les réseaux sociaux ne se traduit pas mécaniquement en cote artistique mesurable. Instagram mesure la capacité à produire du contenu viral optimisé pour l'algorithme, pas la profondeur conceptuelle ou la reconnaissance institutionnelle.
Comment éviter ce piège : distinguer systématiquement "artiste" et "créateur de contenu". Un artiste construit une œuvre pour les institutions et les collectionneurs informés. Un créateur de contenu optimise pour l'engagement algorithmique. Les deux métiers peuvent occasionnellement se chevaucher, mais ils répondent à des logiques fondamentalement différentes.
Nos analyses intègrent un ratio "visibilité digitale sur reconnaissance institutionnelle" qui permet d'identifier rapidement ces distorsions potentiellement coûteuses.
Le piège : Un collectionneur achète une œuvre 40 000 euros en galerie et suppose qu'il pourra la revendre à ce prix, voire davantage, quelques années plus tard.
La réalité : Le marché primaire et le marché secondaire obéissent à des logiques économiques différentes. Une galerie de premier rang peut imposer un prix de 40 000 euros grâce à son réseau de collectionneurs captifs et sa réputation. Mais si l'œuvre réapparaît en vente publique 3 ans plus tard sans que l'artiste ait progressé institutionnellement, elle peut ne trouver acquéreur qu'à 30 000 euros.
Principe général observé : pour un artiste émergent ou mid-career, il convient d'anticiper un écart entre prix galerie et prix enchère pendant les premières années de la carrière. Cet écart se résorbe progressivement quand l'artiste entre dans la catégorie des valeurs établies.
Le piège : Un artiste bat son record en vente publique, son œuvre atteint 200 000 dollars alors que son précédent record était 80 000 dollars. Le marché décolle manifestement !
La réalité : Un record isolé peut résulter d'une bataille entre deux enchérisseurs passionnés pour une œuvre spécifique, pas d'une revalorisation structurelle du marché de l'artiste. Si les 10 ventes suivantes retombent à 64 000 dollars, le record ne signifie rien de durable.
Ce qu'il convient d'analyser : combien de fois l'artiste a-t-il vendu dans cette tranche de prix avant le record ? Les ventes suivantes confirment-elles le nouveau niveau ? Y a-t-il eu des changements objectifs, nouvelle galerie de premier rang, acquisition musée majeur justifiant cette hausse ?
Le piège : Évaluer un artiste coréen émergent avec exactement les mêmes critères qu'un artiste américain ou européen établi.
La réalité : Les marchés de l'art ont des dynamiques régionales et générationnelles distinctes qui ne peuvent être ignorées. Un artiste coréen peut avoir une cote de 100 000 dollars en Asie et être totalement inconnu en Occident et inversement.
Facteurs contextuels essentiels : Générationnel, un artiste de 35 ans en 2025 évolue dans un écosystème radicalement différent de celui d'un artiste de 70 ans, avec des canaux de visibilité, des modes de légitimation, et des attentes de marché qui ont profondément changé. Géographique, les collectionneurs chinois privilégient certains médiums comme l'encre ou la calligraphie, les collectionneurs américains d'autres comme la peinture grand format ou les installations monumentales. Temporel, une cote construite en 1980 via musées, galeries et critiques versus une cote construite en 2020 via Instagram, documentaires Netflix et collaborations avec des marques.
Ces nuances géographiques et générationnelles constituent l'une de nos spécialités chez Cabinet Sévigné. Notre prochain rapport sur le marché coréen contemporain dédie 40 pages à ces spécificités contextuelles pour éviter les erreurs d'évaluation cross-culturelles qui peuvent s'avérer particulièrement coûteuses.
Les outils et méthodologies présentés dans cet article permettent d'effectuer une première évaluation informée. Cependant, certaines situations nécessitent une analyse professionnelle approfondie.
Si vous envisagez d'acquérir une œuvre substantielle, une analyse indépendante peut clarifier le positionnement prix et identifier les décalages potentiels avec les fondamentaux de marché. Nos audits d'acquisition incluent : évaluation complète de l'artiste avec coefficient de cote détaillé et trajectoire prévisionnelle ; analyse comparative avec artistes équivalents dans le même segment ; estimation de la liquidité future et de la capacité réelle à revendre ; vérification de l'authenticité du positionnement prix par rapport aux fondamentaux.
Une collection cohérente nécessite une vision d'ensemble structurée : diversification géographique équilibrée, équilibre générationnel pensé, arbitrages qualité sur quantité. Nos audits de collection analysent la cohérence thématique et stylistique, l'exposition aux risques de marché avec concentration excessive sur un segment, les opportunités d'arbitrage possibles, et les angles morts ou opportunités manquées.
Les galeries nous consultent régulièrement pour : évaluer des artistes candidats avant signature définitive ; analyser la performance de leur roster actuel avec identification des points faibles ; identifier des positionnements prix optimaux par artiste ; anticiper les corrections de marché par segment spécifique.
Notre méthodologie propriétaire combine modèles quantitatifs sophistiqués et expertise sectorielle accumulée, une approche impossible à répliquer avec des outils grand public, aussi performants soient-ils.
Vous repérez un artiste coréen potentiellement sous-évalué par rapport à ses équivalents occidentaux ? Vous voulez comprendre si un artiste européen peut percer durablement en Asie ? Ces questions nécessitent une connaissance fine des dynamiques régionales, un réseau local actif auprès des galeries, collectionneurs et institutions, une analyse comparative cross-culturelle rigoureuse, et une compréhension précise des barrières à l'entrée sur chaque marché.
Un artiste est considéré comme ayant une cote mesurable quand 3 conditions sont réunies simultanément : présence marché secondaire active avec au moins 5 à 10 ventes publiques par an et un taux de succès supérieur à 60 % ; reconnaissance institutionnelle minimale avec au moins une collection publique ou une participation à une biennale reconnue ; représentation galerie stable par une galerie établie depuis trois ans minimum.
Attention : "être connu" n'équivaut pas à "avoir une cote". Un artiste peut avoir un million de followers Instagram sans être coté s'il n'a jamais vendu aux enchères ou n'est représenté par aucune galerie sérieuse et établie.
Vérification pratique : cherchez l'artiste sur Artprice ou Artnet. S'il n'y a aucun résultat d'enchère documenté, l'artiste n'a pas encore de cote mesurable en marché secondaire même si son travail est excellent et prometteur.
Le prix galerie (marché primaire) est fixé par la galerie en accord avec l'artiste, inclut une marge galerie de 40 à 50 %, reste stable et contrôlé avec des augmentations par paliers réguliers, et l'accès est souvent réservé via des listes d'attente et des collectionneurs fidèles.
Le prix enchères (marché secondaire) est déterminé par la loi de l'offre et de la demande en temps réel, inclut des frais acheteur de 20 à 30 % et des frais vendeur de 10 à 15 %, peut être volatile et doubler ou s'effondrer selon le contexte, et l'accès est public avec tout acheteur solvable pouvant enchérir.
Oui, absolument. Plusieurs scénarios conduisent à une perte de cote parfois dramatique.
La surproduction : l'artiste inonde le marché pour maximiser les revenus court terme. Le marché secondaire se sature rapidement, les prix s'effondrent. La perte de représentation galerie : l'artiste quitte sa galerie ou en est écarté sans en trouver d'équivalente. Signal très négatif pour le marché. Le scandale personnel : comportement problématique avec abus ou fraude, boycott institutionnel. Les musées désaquisitionnent parfois, les collectionneurs revendent massivement. L'évolution du goût : le style de l'artiste passe de mode. Ce qui semblait révolutionnaire en 2010 semble daté en 2025. La bulle spéculative : une hausse trop rapide supérieure à 100 % par an a historiquement précédé des corrections brutales.
Protection contre la perte de cote : les artistes avec une fondation institutionnelle solide, musées multiples, monographies académiques établies connaissent des corrections mais rarement des effondrements totaux. Leur cote peut baisser de 30 à 40 % mais retrouve généralement son niveau après quelques années de stabilisation.
Les analyses et méthodologies présentées dans cet article ont une vocation informative et éducative uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un conseil en investissement financier au sens de la réglementation applicable, une recommandation d'achat ou de vente d'œuvres d'art, ou une garantie quelconque de valorisation future.
Le marché de l'art comporte des risques significatifs incluant la possibilité de perte totale du capital engagé. Les performances passées documentées dans cet article ne préjugent en rien des performances futures. Toute décision d'acquisition doit être prise après consultation de professionnels compétents incluant experts d'art, conseillers juridiques et fiscaux.
Cabinet Sévigné propose des analyses de marché et des études sectorielles à but strictement informatif. La responsabilité de toute décision d'acquisition ou de cession incombe exclusivement au lecteur ou au client.
Évaluer la cote d'un artiste contemporain demande bien plus qu'un simple calcul mathématique ou l'application mécanique de formules. C'est un exercice qui combine données quantitatives rigoureuses, analyse qualitative nuancée, connaissance historique du marché, et compréhension fine des dynamiques sectorielles et géographiques en constante évolution.
Les principes présentés dans cet article (reconnaissance institutionnelle, performance des marchés primaire et secondaire, cohérence du travail, réception critique, réseau professionnel) constituent le socle de toute évaluation sérieuse et méthodique. Mais leur application concrète nécessite des outils adaptés, des données fiables, et surtout une méthodologie éprouvée et constamment affinée.
Chez Cabinet Sévigné, nous avons développé une approche propriétaire qui transforme cette complexité apparente en clarté actionnable : coefficients de cote calculés via des algorithmes multi-variables sophistiqués ; analyses comparatives situant chaque artiste précisément dans son écosystème ; prévisions basées sur des patterns historiques documentés et des signaux actuels ; recommandations adaptées à votre profil spécifique, que vous soyez collectionneur, galeriste ou institutionnel.
Vous avez un projet d'acquisition significative ? Une collection à auditer ? Des questions sur un marché spécifique ?
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Nous vous répondons sous 48 heures avec une proposition adaptée à votre besoin.
Cabinet Sévigné est un cabinet de conseil et d'analyse quantitative spécialisé dans le marché de l'art. Nous combinons expertise en histoire de l'art, méthodologies data science avancées, et connaissance approfondie des marchés internationaux pour fournir aux galeries, collectionneurs et institutionnels des analyses actionnables et documentées.
Notre approche se distingue par : une méthodologie quantitative propriétaire développée sur des centaines d'analyses et une indépendance totale sans aucun conflit d'intérêts avec les galeries ou maisons de vente.
Fondatrice : Melissa AMINI, Data Analyst, formation IESA en Marché de l’art.